Le Haut-Commissariat aux réfugiés recommande aux pays d'accueil de ne pas renvoyer les Roms au Kosovo en raison des exactions commises contre eux dans ce pays.
Il n'existe pas de camp de Roms en Touraine
L'hiver 2005-2006, des familles de Roms avaient installé un bidonville sur le site du Pont-aux-Oies à Tours. - (Photo archives NR) Des années après la disparition du bidonville du Pont-aux-Oies, la Touraine n’est plus concernée par les camps de Roms.
C'était l'hiver 2005-2006. Des familles de Roms avaient installé un campement de fortune sur le site du Pont-aux-Oies, aux portes de Tours. Un vrai bidonville, dans lequel s'entassaient des adultes et des enfants. La situation avait rapidement ému la Touraine.
Le préfet de l'époque avait d'abord décidé de créer un village provisoire sur un terrain à Sainte-Radegonde. Puis un second village d'accueil avait été ouvert à Esvres. Enfin, la ville de Tours avait pris le relais en installant, sur la plaine de la Gloriette, les familles de Roms dans des bungalows. Un gros travail d'accompagnement (scolarisation, vaccination, aide sociale…) avait alors été entamé.
Aujourd'hui, alors que la polémique fait rage sur la question des camps de Roms, la situation en Touraine semble désormais bien calme sur ce plan-là.
Surtout des Roms du Kosovo
Le CCAS de Tours a progressivement joué la carte de l'intégration, fermant les bungalows de la gloriette pour disséminer les familles dans des logements du parc social. Les familles de l'hiver 2005-2006 ont pour la plupart été intégrées. Celles qui ne souhaitaient pas rester sont parties rejoindre d'autres membres de leur famille ailleurs.
Lors de l'hiver 2005-2006, les Roms arrivant en Touraine étaient essentiellement originaires d'ex-Yougoslavie, en particulier du Kosovo. La plupart ont vu leur demande d'asile être déboutée mais les recommandations du HCR* (Haut-Commissariat aux réfugiés) les protègent contre l'expulsion.
Aujourd'hui encore, les associations voient affluer des familles de Roms du Kosovo. « Nous avons toujours des gens originaires de ce pays, explique Marie-Rose Merceron, de Chrétiens migrants. Les Roms de Roumanie, nous ne les voyons pas. Pour les Roms du Kosovo, le problème reste l'hébergement. Nous avons par exemple une famille Rom qui dort dehors. » Seuls les Roms du Kosovo entrent en France sous le couvert d'une demande d'asile.
Les autres Roms, de Roumanie ou de Bulgarie, sont des citoyens européens, même s'ils sont expulsables puisque leurs pays d'origine ne font pas partie de l'espace Schengen. En Touraine, en tout cas, la question des Roms n'agite plus les débats.
(*) Le Haut-Commissariat aux réfugiés recommande aux pays d'accueil de ne pas renvoyer les Roms au Kosovo en raison des exactions commises contre eux dans ce pays
